Quel que soit le sujet, j'élabore un modèle le plus souvent en argile que soutient une armature métallique exclusivement interne. L'argile n'offrant pas de pérennité, ni la moindre solidité, le modèle est traduit en plâtre par les moyens du moulage. Ce travail est généralement réalisé par le sculpteur.
Les ouvriers de la fonderie interviennent à ce stade et réalisent sur le plâtre un moulage en élastomère, materiau de synthèse qui a les caractéristiques du caoutchouc. Son maintien en place est assuré par une chape en plâtre. Chacun des moules est en deux parties. Ils sont ouverts et le modèle retiré est soigneusement entreposé jusqu'au moment du ciselage.
Les parties du moule refermées, la chape maintenant le tout, l'on y coule alors la cire fondue, laquelle prend exactement la place qu'occupait le plâtre. Les exigences de la fonderie nécessitent que cette cire soit creuse. Pour des pièces de trente à quarante centimètres, on estime que le métal doit avoir de trois à quatre millimètres d'épaisseur. C'est donc la cire que l'on vient de verser dans le moule qui doit avoir sensiblement cette épaisseur. On estime à une minute par millimètre d'épaisseur le temps qu'il faut à la cire pour se déposer sur les parois internes du moule. On attend donc trois à quatre minutes puis on vide le trop-plein. Cette fine paroi de cire deviendra l'épaisseur du bronze.
Démoulée, la cire est présentée au sculpteur qui la retouche, la date, la numérote, la signe enfin et le fondeur y appose le cachet réglementaire, nom de la fonderie, date de fonte, année en quatre chiffres. La cire, son noyau intérieur et ses parois extérieures sont alors moulées. Ce moule est dit de potée. Il est cuit à 600° environ. La cire évidemment s'écoule par l'orifice prévu. Le bronze coulé à 1200° y trouvera exactement sa place. Après refroidissement, le moule de potée doit être cassé pour obtenir l'exemplaire en métal. On produit donc autant d'exemplaires en cire que l'on en souhaite en bronze.
Le ciseleur intervient après les opérations ci-dessus énoncées. Il sectionne jets (alimentations en métal fluide), évents (canaux permettant l'échappée de l'air pendant la coulée ) et affine avec fraises et meules les impacts inévitables. Dans ces moments précis de restitution de la forme, le plâtre original lui est indispensable.
Le patineur n'intervient qu'après. Le feu, l'eau, quelques produits chimiques (nitrates, sulfures, acides ou autres ) lui permettent de modifier à son gré la coloration du métal de base par interventions successives et mesurées. Cela n'altère en rien la beauté du métal mais le nuance, sans qu'aucune couche de matière ne vienne épaissir la finesse de l'empreinte acquise au moulage de l'argile.
La réalisation en bronze est envisagée, en ce qui me concerne, de 2 manières :La première définie par 2 series en bronze. L'une numérotée de 1/8, 2/8, 3/8 jusqu'à 8/8 en chiffres arabes, l'autre dénommée Epreuves d'artistes numérotées E.A I/IV, E.A II/IV, E.A III/IV, jusqua E.A. IV/IV en chiffres romains.L'autre option est la pièce unique (P.U.).
Si les dispositions ci-dessus sont légales, le choix de l'une d'elles qui dépend uniquement de l'artiste doit être irrévocable et déterminé avant la réalisation de la première pièce. Une particularité dans la facture de celle-ci vient apporter une subtilité à sa définition : La cire perdue originale qui seule peut porter cette mention lorsqu'elle est conçue et réalisée directement en cire. Elle ne dépend en aucun cas d'un moule, excepté celui de potée qui assure son existence ! Dans les autres cas la cire est perdue dans le même processus mais elle ne peut pas prétendre à l'originalité puisque c'est un moule permanent, l'élastomère qui la génère !