Diversité dans l'évolution

Après une période de formation artistique traditionnelle, je fus vivement attiré par la taille directe, pierre et bois surtout que je pratiquai un certain temps. Mais opposé à cette vision plus qu'à cette technique, s'imposait à moi la conception d'une sculpture faite d'éléments venant du dedans pour aller au dehors, telle une germination.

Le problème de la lumière me préoccupait par dessus tout, je veux dire de la lumière reçue puis renvoyée par la sculpture. Je remarquai que la technique de « la boulette écrasée » ne conduisait qu'à une sculpture grise. Or, je la voulais noire et blanche. J'abandonnai donc la technique reçue, si fortement ancrée que j'eus des difficultés énormes à m'en débarrasser au profit d'une vision plus fraîche qui s'exprimait par des plans de terre glaise que je prédécoupais, galbais et assemblais selon les exigences de la forme. Ainsi ma sculpture se mit à « prendre la lumière » comme je le souhaitais. Donc une partie de mon travail est diamétralement opposée à la conception modelage et cette vision devait fatalement me conduire, par la pratique de la cire directe, au métal, estamé et soudé.

Voilà pour l'expression figurative que en 1971, je me refusai d'intégrer dans une école maternelle, à la faveur d'éléments modulaires, rigoureusement géométriques, se juxtaposant et se superposant, créant ainsi des SCULPTURES-JEUX, concernant bien davantage la récréation de l'enfant.

J'eus par la suite, notamment à la faveur de projets de décoration monumentale, la possibilité d'enrichir cette plastique géométrique par l'adjonction de verre coloré, tentant ainsi de m'approcher du vitrail en volume en jouant avec la superposition optique des teintes, plaçant autant que possible les volumes colorés au dessus du spectateur, l'incitant à jouir de cette transparence.

Figuratif et non figuratif géométrique sont donc pour moi des expressions parallèles non seulement compatibles mais réciproquement enrichissantes. De plus elles découragent les classifications restrictives.

Extraits de ce texte intégral dans la revue ART SUISSE n°26, 1975.